Sommaire
Vous suivez un traitement contre un cancer et vous envisagez de prendre du curcuma en gélules ? Parlez-en d’abord à votre équipe soignante. Les compléments de curcuma ne sont pas anodins, et certains peuvent interagir avec vos traitements.
Ce qui suit vous aide à préparer cette discussion.
Curcuma en cuisine ou en complément : pas la même chose
En cuisine, les quantités sont faibles. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center considère que les herbes et épices culinaires, en petites quantités, sont en général sans danger pendant un traitement.
Les compléments sont plus concentrés. Et certains sont formulés pour que la curcumine passe mieux dans le sang, ce qui change aussi leur profil de risque.
Le foie : le point de vigilance n° 1
Le NCCIH, centre de recherche rattaché aux National Institutes of Health américains, signale des atteintes du foie chez certaines personnes ayant pris des formulations de curcumine à absorption renforcée. Il recommande d’arrêter immédiatement le produit et de consulter en cas de signes évocateurs.
- Fatigue inhabituelle.
- Nausées, perte d’appétit.
- Urines foncées.
- Jaunisse : peau ou blanc des yeux jaunes.
Pendant une chimiothérapie, le foie est déjà très sollicité. C’est une raison de plus d’en parler avant.

Saignements et anticoagulants
Selon le Memorial Sloan Kettering, le curcuma fait partie des plantes, avec l’ail et le gingembre, qui peuvent interférer avec les anticoagulants et augmenter le risque de saignement. Les personnes sous traitement anticoagulant, ou qui vont être opérées, sont directement concernées.
Interactions avec les traitements du cancer
La plupart des plantes et compléments n’ont pas été étudiés avec les chimiothérapies. Leurs interactions restent donc mal connues. Certaines plantes modifient la façon dont l’organisme élimine les médicaments, ce qui peut les rendre moins efficaces ou augmenter leurs effets indésirables.
Pour cette raison, beaucoup d’oncologues conseillent d’éviter ces produits pendant une chimiothérapie. Le Memorial Sloan Kettering recommande même de ne prendre aucun complément pendant un traitement du cancer, sauf prescription ou essai clinique encadré.
Autres effets indésirables possibles
- Nausées, vomissements, reflux acide.
- Diarrhée ou constipation, maux de ventre.
- Pendant la grossesse, les compléments de curcuma pourraient ne pas être sûrs.
Ce que vous pouvez faire
- Signalez à votre oncologue et à votre pharmacien tout complément, tisane ou produit naturel que vous prenez.
- Apportez la boîte à la consultation : la composition exacte compte, surtout la présence de pipérine ou d’une formule « haute absorption ».
- N’arrêtez et ne remplacez jamais un traitement prescrit par un produit naturel.
Pour savoir ce que la recherche montre réellement sur l’effet du curcuma contre les tumeurs, lisez notre article curcuma et cancer, ce que disent les études.
Cet article donne une information générale. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou de votre équipe de cancérologie.
Peut-on prendre du curcuma pendant une chimiothérapie ?
Pas sans l’avis de l’oncologue. Les interactions avec la plupart des chimiothérapies n’ont pas été étudiées et beaucoup d’équipes conseillent d’éviter les compléments.
Le curcuma est-il dangereux pour le foie ?
Des atteintes du foie ont été rapportées avec des compléments de curcumine à absorption renforcée. En cuisine, les quantités sont faibles.
Curcuma et anticoagulants, est-ce compatible ?
Le curcuma peut interférer avec les anticoagulants et augmenter le risque de saignement. Demandez l’avis de votre médecin.




