Sommaire
Vous suivez une chimiothérapie et vous vous demandez si un régime cétogène pourrait vous aider ? La question est légitime. La réponse des experts français est prudente : ce régime n’a pas fait ses preuves contre le cancer, et il expose à un risque réel pendant les traitements.
Pourquoi les experts s’inquiètent
Le réseau NACRe, réseau national alimentation cancer recherche, a analysé en 2017 l’ensemble des données disponibles sur le jeûne et les régimes restrictifs. Il conclut qu’au cours des traitements, ces pratiques présentent un risque d’aggravation de la dénutrition et de la sarcopénie.
Ces deux mots désignent des situations précises.
- La dénutrition : un déséquilibre prolongé entre ce que vous mangez et ce que votre corps dépense. Elle se traduit par une perte de poids de 5 % en un mois, ou de plus de 10 % en six mois.
- La sarcopénie : une perte de masse musculaire, associée à une baisse de la force ou des performances physiques.
Les deux sont reconnues comme des facteurs de moins bon pronostic.

Pourquoi le régime cétogène est concerné
Le régime cétogène limite les glucides à moins de 10 % des apports. Il est contraignant, souvent difficile à suivre, et peut réduire l’appétit. Dans les essais cliniques recensés par le NACRe, plusieurs études rapportent une perte de poids ou de masse musculaire chez les patients.
Pendant une chimiothérapie, l’appétit est déjà souvent perturbé : nausées, changement du goût, fatigue. Ajouter un régime restrictif augmente le risque de manger trop peu.
Les signes qui doivent alerter
- Une perte de poids, même modeste, sur quelques semaines.
- Des vêtements devenus trop larges.
- Une fatigue qui s’aggrave, une perte de force pour monter un escalier ou porter un sac.
- Des repas de plus en plus réduits.
Pesez-vous régulièrement et signalez toute perte de poids à votre équipe soignante.
Comment en parler avec votre équipe
Les experts du NACRe demandent aux soignants d’écouter les attentes des patients et d’en discuter, en tenant compte des connaissances et des risques. Vous pouvez donc aborder le sujet sans crainte d’être jugé.
- Dites ce qui vous attire dans ce régime et ce que vous en attendez.
- Demandez une consultation avec un diététicien, si possible formé en cancérologie.
- Ne commencez pas de régime restrictif sans en avoir parlé à votre oncologue.
Pour le détail des études sur l’effet du régime cétogène contre les tumeurs, lisez notre article régime cétogène et cancer, ce que conclut l’expertise NACRe.
Cet article donne une information générale. Il ne remplace pas l’avis de votre oncologue ou d’un diététicien.
Peut-on suivre un régime cétogène pendant une chimiothérapie ?
Les experts du réseau NACRe le déconseillent sans encadrement, en raison du risque de dénutrition et de perte musculaire. Parlez-en à votre oncologue.
Qu’est-ce que la dénutrition ?
Un déséquilibre prolongé entre les apports et les dépenses, qui se traduit par une perte de poids de 5 % en un mois ou de plus de 10 % en six mois.
Qui consulter pour adapter son alimentation pendant un cancer ?
Votre oncologue et un diététicien, idéalement formé en cancérologie.




